vendredi 31 août 2007

Spirit of America




















"Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of your teeming shore.
Send these, the homeless, tempest-tost to me,
I lift my lamp beside the golden door!"

Emma Lazarus

Poème inscrit sur le socle de la statue de la liberté

mercredi 29 août 2007

Jeux d'enfants

Voici deux photos d'enfants qui luttent activement contre l'obésité en jouant dans la rue. Et oui, ils jouent vraiment avec les bouche anti-incendie, ce n'est pas une idée reçue. Ces photos ont été prises à Harlem, par Alain, en marchant et en essayant d'être discrets (on ne sait jamais, un papa mécontent ça peut faire mal...). La première a été prise juste à côté de là où on vivait dans le Harlem noir, et la seconde dans le Harlem "latino" où l'ambiance est très différente : des familles entières assises sur des chaises devant les immeubles à discuter (en espagnol, of course), fumer des cigares et écouter de la salsa à fond.
















mardi 28 août 2007

Qu'est-ce que je vous disais ?

Voici un article (français) reçu dans ma boîte mail aujourd'hui et qui parle de l'obésité aux USA. Les chiffres sont alarmants...
Extrait : "Désormais, un Américain sur quatre est obèse dans 19 États américains, contre 14 États l'année dernière et 9 en 2005. En 1991, aucun État ne comptait plus de 20% d'obèses. L'enquête a également déterminé que les enfants en surpoids représentaient près de 23% des 10 à 17 ans dans la capitale de Washington DC. "

A comparer avec l'argumentaire de McDo sur leur site internet. Dans cet argumentaire, McDo précise bien qu'il n'y a pas qu'un seul facteur, il y a entre autres : "genetics, cultural issues, economic factors, excess food consumption and today's increasingly sedentary lifestyles". Bien sûr, ils fournissent toute l'information nécessaire pour que les gens fassent un choix raisonné. C'est pas la faute à Ronald McDonald, donc, puisque les gens sont libres de faire leur choix.

Revient ensuite l'histoire des calories. Pendant encore combien de temps faudra-t-il entendre cette théorie du "corps-chaudière" ou la seule réaction chimique qui se passerait serait la combustion des calories ingérées ? Quel nutritionniste bien portant y croit encore ?

Les américains se demandent souvent : mais comment les français font-ils pour manger des aliments si gras (foie gras, saucisson, fromage...), boire de l'alcool, fumer comme des pompiers, etc... et garder la ligne et la santé ? Pour eux, c'est le "French paradox".

A mon avis, la question est mal posée... Il vaut mieux se demander : comment les Etats-Unis existent-ils encore avec une population qui mange n'importe quoi, n'importe comment, à n'importe quel moment ? Les Français mangent moins, certes (quoique, les fêtes de fin d'année doivent sérieusement faire remonter la moyenne) mais surtout ils mangent à heure régulière (c'est important pour l'estomac ! Il faut qu'il se prépare pour bien digérer !), ils mangent en général assis, ils prennent plusieurs plats par repas (entrée - plat ou plat - dessert), leurs plats sont moins salés et leurs desserts moins sucrés, leur café moins chaud et leur soda et leur eau moins froide. Encore une fois, les Français sont plus sympas avec leur précieux estomac en ne les soumettant pas à des températures inhumaines.

Les Américains mangent très vite. Ceci est une constatation très empirique sur la durée de vie moyenne des assiettes des tables à côté de nous dans les restos.
Les Américains mangent n'importe quand, comme dans le slogan de la pub radio pour Snickers : "T'as faim ? Mange !"
Les Américains mangent DE LA MERDE !!!!!!!

Voilà, désolée... tous mes amis américains, pardonnez-moi...

Les scientifiques américains se demandent à longueur de page ce qu'il faut faire pour arrêter l' "épidémie" d'obésité. Qu'ils ne cherchent plus, j'ai trouvé (Je suis certainement coupable du péché français par excellence : l'orgueil, mais tant pis, j'assume.) : il faudrait une véritable (r)évolution culturelle. C'est la seule solution, les autres ne me semble pas possibles.

La volonté gouvernementale : l'article sus-cité nous révèle que 81% des Américains attendent une action du gouvernement contre l'obésité. Mais à part fermer les fast-foods, n'autoriser les restos à ouvrir qu'aux heures des repas, forcer les gens à s'asseoire, interdire le sucre blanc et limiter le sel, je ne vois pas trop ce qui serait efficace. Et quand le gouvernement fera tout ça, ce sera officiellement une dictature.

La volonté individuelle : MacDo vient de nous prouver que ça ne marche pas, surtout dans une société qui pousse à consommer toujours plus : gagner toujours plus, consommer toujours plus (tiens... Vous avez pas déjà entendu ça quelque part ?), qu'il s'agisse de nourriture, de voitures, de maisons ou de gel douche. Etre plus grand, plus beau, plus musclé, plus vite. Sinon, vous n'êtes rien qu'un looser...

Voilà pourquoi je parle d'une (r)évolution culturelle. C'est peut-être au fond la manière qu'ont les gens de penser à la nourriture qui cloche un peu. La société américaine est finalement une société où tout est possible, tout est à construire, il n'y a pas de limite... "The sky's the limit!" y compris dans la nourriture.

J'en profite pour mettre une petite photo (Crédit : Alain G.) : celle du tableau des vainqueurs du concours de Hot Dogs de Coney Island. Ca n'est pas un concours où on fabrique des Hot Dogs : il faut les manger ! Le plus de Hot dogs en 12 minutes. Le rituel a lieu tous les ans le 4 juillet.















Le record était détenu jusqu'à l'année dernière par un japonais. Il a été battu cette année par un américain (yippee !!! la "ceinture jaune moutarde" est revenue au bercail !) qui a mangé, tenez-vous bien 66 hot dogs en 12 minutes. Le japonais était déçu, et met sa défaîte sur le compte d'une blessure à la mâchoire.

Pour ceux qui ont l'ADSL et l'estomac bien accroché, vous pouvez voir la vidéo sur Youtube.

La (r)évolution culturelle n'est pas encore en route...

La philosophie dans le saloon

Pour les amateurs de BDs, manga, comics, graphic novels et autres cultures populaires et Actusf, voici un débat philosophique illustré - à l'Américaine, cela va sans dire.

Photo prise dans une librairie de Brooklyn spécialisée en la matière, ouverte à 11h du soir avec petits fours et vins français, pour célébrer la sortie de je-ne-sais-quoi.


























Dialogues :
Cow-boy 1 : Moi j'dis que les BDs c'est de la littérature sérieuse.
Cow-boy 2 : Moi j'dis le contraire.
Cow-boy 1 : Mettons-nous d'accord !
Sok !
Pow !
Bam !
Bif !
Clop !
Cow-boy 2 : Alors ? Qui c'est qui dit que les BDs sont pas de la littérature sérieuse ?

dimanche 26 août 2007

Les caves de Boston

Avez-vous vu Rosemary's Baby ? Pour le tournage, le prestigieux building "Dakota" à New York a été choisi par le réalisateur Roman Polanski pour figurer la façade de l'immeuble où viennent d'emménager le jeune couple (John Cassavettes et Sharon Tate, l'épouse de Polanski qui fut sauvagement assassiné dans un meurtre rituel, après la sortie de Rosemary's Baby) C'est un building de star, trois de ses locataires les plus connus étant Boris Karloff, (acteur dans Frankenstein et Body Snatcher) John Lennon et Yoko Ono. C'est devant cet immeuble que l'ex-Beatle a d'ailleurs été assassiné, au croisement de Central Park et de la 72ème rue ouest.

Les scènes d'intérieur de Rosemary's Baby ont été tournées en studio, et si vous vous en souvenez, il y a une scène où Rosemary descend à la cave pour... faire sa lessive dans les machines collectives de l'immeuble.

Ce principe de collectivisation de certains appareils électroménagers peut sembler contraignant - il faut sortir de chez soi, transporter le linge, etc... mais je trouve que c'est une très bonne idée. Ecologiquement parlant, ça permet de rentabiliser du materiel coûteux à construire et dont les carcasse polluent nos décharges. Les machines collectives sont plus grosses et en général de très bonne qualité. Globalement, je trouve donc que c'est une solution très intéressante. En revanche, quand il faut descendre à la cave, je regrette d'avoir regardé tous ces films d'horreur...

A vrai dire, il me semble peu probable que les locataires du Dakota n'aient pas de machine à laver perso. En revanche, quand Polanski décide de tourner une scène dans la buanderie de l'immeuble, il montre un épisode du quotidien des citadins américains. En effet, l'immeuble dans lequel j'ai résidé 15 jours sur la 95ème rue était très New Yorkais : 19 étages, gardien à l'entrée, ascenseur de service et... buanderie collective. Heureusement, la cave donnait sur un petit jardin intérieur, elle était donc bien éclairée.

Dans la maison bleue à Boston, en revanche, la cave est une vraie cave qu'on voit dans les films et les séries, bien flippante, bien films d'horreur. Pour vous (et pour mon linge) j'y suis descendue.





Epilogue :

vendredi 24 août 2007

Tant qu'on a la santé...

Aïe aïe... ne vous inquiétez pas, je vais bien, mais je subis le contrecoup du décalage horaire. Je n'ai pas fermé l'oeil la nuit dernière, je me suis seulement endormie à 9h du matin, et Alain m'a gentiment réveillé à 12h, car je lui avais dit la veille d'un air docte "ah non, il ne faut pas dormir la journée si on veut se remettre du décalage. Il faut prendre le rythme directement !" Lui n'a pas du tout senti le décalage, je ne sais pas comment il fait. Je marche au radar et me sens un peu faible.

Ce qui m'amène à un sujet brûlant aux États-Unis : la santé. C'était brûlant surtout en juillet, avec la sortie du film de Michael Moore "Sicko" sur le système de santé américain, qui a déclenché une ribambelle de commentaires, talk shows (Larry King) et articles sur l'état de santé du système de santé.

D'après ce que j'ai compris, les américains souscrivent individuellement à des polices d'assurances. Souvent, c'est leur patron qui souscrivent pour eux ou qui propose une super couverture avec le job pour inciter les cadres dynamiques à rejoindre leurs équipes. Ceux qui n'ont pas de revenus n'ont donc pas de couverture. Ceux qui ont un, ou deux boulots pourris n'ont pas de couverture non plus. Quand on voit le prix des consultations pour un médecin généraliste ou un dentiste, on comprend que l'assurance proposée avec le boulot soit un argument de poids. Si vous avez la chance de travailler chez Google en Californie (au Googleplex), alors sur le lieux de travail vous aurez non seulement une laverie, un coiffeur, un fleuriste, un magasin de disques, mais aussi un généraliste et un dentiste gratos.

Quand les cadres des entreprises privées d'assurances de santé sont interrogés sur la possibilité de faire une couverture universelle pour tous, comme dans le système Français où "tout est gratuit" [sic], ils ont coutume de répondre qu'il serait néfaste de vouloir trouver une solution "taille unique" ("a one-size-fits-all solution") et que par conséquent ils ne veulent pas entendre parler d'une couverture universelle [sick].

Bref, mieux vaut connaître quelques bases d'automédication, sinon c'est un peu ruineux d'avoir un rhume. D'où l'intérêt d'avoir des très grandes pharmacies qui ressemblent à un supermarché : si je suis malade, je vais à la pharmacie, je demande éventuellement conseil au pharmacien, et j'achète un médicament "over the counter" (OTC), c'est-à-dire sans ordonnance.

Un aspect assez choquant est l'absence quasi-totale de messages préventifs. Ainsi, on peut voir deux panneaux publicitaires côte à côte dans la gare de Haverford :












Celui de gauche : "Emergency: take the stairs", un message contre le diabète. A droite : une publicité pour les glaces "Blendini". Contradiction ? Pas du tout. Le message du panneau de gauche n'est pas "arrêtez de manger du sucre et prenez les escaliers pour faire un peu de sport" mais "on organise un évènement où plein de gens vont se dévouer pour monter des marches afin de récolter de l'argent pour combattre le diabète". Nuance...
Bon sang, mais c'est bien sûr... pour régler le problème du diabète, il faut donner de l'argent !

En marchant dans les villes américaines, on est supris de l'état de santé des gens. Beaucoup de personnes obèses, bien sûr, ce qui constitue le problème le plus évident. Mais on voit aussi des gens avec des béquilles, sans dents, en fauteuil.

Ceci dit, il faut se méfier de ce genre d'impression. Ainsi, il est vrai que j'ai vu beaucoup plus de personnes en fauteuil qu'à Paris, mais il faut dire que les villes sont en général beaucoup mieux équipées pour qu'ils puissent se déplacer et vivre de manière confortable - à Paris les personnes en fauteuil sont plutôt confinées chez elles. Bus, métros, restaurants... une grande partie de l'espace public est accessible aux "PMR" (personnes à mobilité réduite), ce qui est loin d'être le cas en France. La palme revient à Washington, avec son métro hyper clean, ses vastes musées, et ses trottoirs déserts - tout accessible. Comme dit le Routard, "prenons-en de la graine !"

Une des satisfactions du voyage, pour moi, fut que nous n'avons pas eu besoin de faire appel aux services de professionnels de la santé. Outre ma méfiance naturelle (n'oubliez pas que Fitz-James O'Brien est mort d'une blessure mal soignée !), j'ai entendu assez d'histoires affreuses sur ce qui peut se passer dans les hôpitaux américains à cause des dysfonctionnements du système pour ne pas avoir envie d'y faire un tour. Si vous ne me croyez pas, lisez cet article du New Yorker, par exemple.

Ah que je suis heureuse de vivre dans un pays où tous les soins sont entièrement gratuits facturés 1€ seulement ! Dans leurs talk-shows, les américains ont oublié de préciser que le système français dont certains font l'éloge périclite de ce côté-ci de l'Atlantique.

jeudi 23 août 2007

Trophées

De retour en France ! Ah le RER, la douce musique... St Michel, Luxembourg, Port Royal... Ah les trottoirs parisiens sous la pluie... Ah aucune boulangerie ouverte parce qu'on est en août et que tout est fermé en août à Paris, et que c'est très embêtant parce qu'on a passé les 20h de voyage à rêver de bons croissants sortis du four !

Après les retrouvailles avec l'appart et les plantes (saines et sauves), après une bonne douche et un peu de sommeil, l'heure est au bilan et à la contemplation de trophées de chasse.



















13 bibliothèques et collections visitées dans 9 villes, avec à chaque fois son lot de paperasses - ça fait beaucoup de cartes d'accès, de cartes de photocopies et autres documents d'identification. C'est donc mon premier trophée, et je garde toutes les cartes non pas par fétichisme (moi ? je garde tout ? non !) mais parce que certaines me donnent accès à des ressources éléctroniques, et toutes sont valables encore 1, 2 voire 10 ans pour certaines.



















40 documents photocopiés soit une centaine de pages d'articles, manuscrits, oeuvres inédites, lettres, et plus de 400 clichés numériques sont sans conteste le joyau de ce que j'ai ramené d'Amérique, ce qu'il y avait de plus précieux dans mes bagages - inutile de vous dire que j'ai pris tout ça en bagage à main. Une valise est si vite perdue ! Mon "Best of" : la lettre de la Maman de O'Brien à son fils, formidable fenêtre sur ce qu'a pu être la vie d'un homme qu'on connaît mal, d'émouvantes lettres qu'il a écrites à ses amis alors qu'il était blessé pendant la guerre civile (cette blessure lui a d'ailleurs été fatale - il est mort du tétanos deux mois après suite à l'incompétence du médecin à faire un diagnostique correct), une histoire, "From Hand to Mouth" jamais publiée en France, quelques quittances de dettes... Plus que des bouts de papiers ou quelques pixels, ces documents constituent la raison première de mon voyage, les données que je vais pouvoir passer les 6 prochains mois à éplucher. J'en trépigne d'impatience !


Mon dernier trophée n'est pas de nature académique. Le jour où nous sommes allés au MoMA à New York, il pleuvait des cordes - d'où l'intérêt d'aller au musée, et nous avons acheté un beau et grand parapluie. Très grand... Très pratique, très solide, bref il nous a bien servi toute la journée. Après, il n'a plus plu, mais nous l'avons quand même emmené partout avec nous, parce qu'on l'avait acheté et qu'on s'est dit qu'il pourrait encore nous servir. Il était avec nous sous le soleil de Boston, il était avec nous sous les 40°C de Charleston, il était avec nous dans le train, le car, l'avion, partout il nous a suivi fidèlement dans l'espoir de nous servir un jour. Enfin bref, on a dû le trimballer avec nous et des fois c'était un tout petit peu casse-bonbons. Le pire, c'est qu'on ne savait pas si on allait pouvoir le ramener en France, ou même s'il allait pleuvoir avant la fin de notre séjour. Double miracle : il a fait un temps pourri à Philadelphie, et le beau parapluie n'a posé aucun problème à la sécurité de l'aéroport JFK, on a pu le prendre EN CABINE. Franchement, ça me laisse perplexe... Un ami qui travaille à Easy Jet m'a dit que tout objet plus ou moins pouvant servir d'arme étaient interdits - pas d'aiguilles à tricoter pour Mamie, pas de bouteille en verre, etc... mais un parapluie d'1m10 ??
Bref, le voilà, un Américain à Paris, et - signe du ciel - il pleut, donc on a pu s'en servir dès notre arrivée.

mardi 21 août 2007

Sur le départ

Il est 23h ici, et c'est certainement le dernier message que j'écris avant de rentrer en France. Nous venons de finir nos bagages, on a rangé la maison... Notre avion est demain à 18h à New York. Nous partirons en fin de matinée de Philadelphie, et nous allons passer une longue journée à voyager !

C'est l'heure des bilans, ce que j'ai pas eu le temps de voir, tout ce que j'ai fait, toutes les villes que j'ai visitées, toutes les bibliothèques où j'ai travaillé - y compris la Société Historique de Pennsylvanie, où je suis allée aujourd'hui, comme quoi je bosse jusqu'au bout - et toutes les fautes d'orthographes que j'ai faites sur mon blog. Quel palmarès !

Le seul problème, c'est que j'ai encore pas mal de trucs à raconter. Je vais donc sans doute envoyer encore quelques messages pendant une semaine, histoire de mettre les photos que j'ai pas eu le temps de vous montrer, et de raconter ce que je n'ai pas eu le temps de vous raconter !

Bon, c'est pas l'tout, faut que je dorme un peu, moi... le train, puis le bus, puis le métro, puis l'avion, puis le RER, puis le métro m'attendent !

lundi 20 août 2007

Philadelphie















Nous passons nos derniers jours sur ce continent dans la banlieue de Philadelphie. C'est une ville très chouette, à taille humaine, et où il fait bon marcher. Enfin, où il a fait bon marcher samedi dernier, car le soleil brillait sur One Liberty Place (gratte-ciel sur la photo), mais hier et aujourd'hui il flotte et il fait gris, et apparemment ça va durer !

dimanche 19 août 2007

Livres de route















Le guide du routard est toujours doté d'une rubrique "livre de route". Certains livres m'accompagnent le long de ce voyage... Parmi eux, le Guide du routard, bien sûr, justement, dont les conseils datent parfois un peu, mais il y a toujours des choses utiles.















Le second livre, je l'ai emporté avec moi en partant. Je m'étais dit qu'il n'y avait pas de meilleur ouvrage pour partir en voyage aux USA que... "Sur la route", de Jack Kerouac. Eh bien j'en suis à la page 228 sur 300 et je n'arrive pas à le finir. C'était rigolo au début, et puis la troisième fois que Sal Paradise traverse les Etats-Unis en stop, bus, co-voiturage, ou autre, ça devient un peu lassant.















J'ai donc trouvé mieux. Alain m'a offert un super bouquin : 1491, New Revelations of the Americas Before Columbus, de Chalres C. Mann. Cet homme est avant tout un journaliste, et il a suivi pendant plusieurs dizaines années les avancées scientifiques concernant le passé des Amériques, le passé c'est-à-dire avant Christophe Colomb.

Non seulement il fait état des dernières conclusions des scientifiques (archéologues, mais aussi spécialistes des arbres, de la composition chimique du sol, sociologues, anthropologues, etc...), mais en plus il discute les différentes implications idéologiques de ces théories.

Je vous la fais courte : les "indigènes" étaient certainement beaucoup plus nombreux que ce qu'on croyait jusqu'à seulement il y a une dizaine d'années. Les épidémies consécutives à l'arrivée des premiers européens auraient pu décimer jusqu'à 90% de la population du continent. L'image du "bon sauvage" que nous avons : l'indien nomade, en harmonie avec la nature, primitif, qui n'a pas d'impact sur son paysage et qui vit par conséquent dans un environnement "vierge", est complètement erronée. D'abord la plupart des indiens n'étaient pas nomades. Il y avait même des villes, non seulement les cités Mésoaméricaine (en Amérique Centrale), mais aussi sur le territoire actuel de l'Amérique du nord. Ensuite, les européens n'ont pas perçu qu'une grande partie du paysage n'était pas "naturel", même s'il en avait l'air. De grandes surfaces de la forêt amazonienne, par exemple, qui semblait être un "nouvel Eden" pour les européens, était en fait une sorte de verger, car ce sont les indiens qui ont planté une bonne partie des arbres fruitiers qu'on y trouve. On apprend que les mésoaméricains avaient un calendrier extrêmement complexe - qui nécessite l'utilisation du 0, à peu près au même moment où il commence à être utilisé en Inde. On apprend aussi que les scientifique ne cessent de repousser la date des premières civilisations sur le territoire. Il s'accordent maintenant à dire que les premières villes américaines furent fondées à peu près en même temps que Sumer.
L'auteur dresse aussi un certain nombre d'hypothèse concernant la "chute" de la société Maya.

C'est vraiment un livre fascinant, que je recommande à quiconque est intéressé par l'Amérique, mais aussi par la sociologie.

vendredi 17 août 2007

Baltimore et Haverford


Nous avons passé 2 jours à Baltimore. Quelques quartiers très sympas, le port, Fells Point, mais quelques quartiers assez délabrés aussi, et notre B&B était très loin du centre, et très près de la Freeway (l'autoroute), bande-son incluse. Pour la nuit, c'est un peu embêtant. Mais on a vite trouvé la solution : il suffit d'allumer la clim, comme ça elle couvre le bruit de la circulation, et en plus on crève de froid (le thermostat était cassé).
En plus, pour rejoindre le Tramway, il fallait passer sous le pont de la freeway, c'était un peu glauque (Alain a vu la police mettre les menottes à un type sur le bord de la route).

J'ai eu quelques tracas avec les transports de Baltimore. Je ne vais pas vous refaire tout le descriptif de trajets aussi lents qu'erronés, on commence à avoir l'habitude, je vais juste me contenter de dire que personne n'a été capable de m'indiquer comment se rendre à l'université Johns Hopkins, pourtant juste au nord de la ville, pas même le chauffeur de bus. Ceux qui semblaient savoir où prendre quel bus parlaient trop vite pour que je comprenne. En plus de cela, les cartes de bus éditées par la compagnie de transports sont absolument inutilisables, elles n'indiquent pas où sont les arrêts ni dans quel sens est la circulation. Pour finir (après j'arrête de râler, promis) le site internet de l'université a bien une page "comment accéder au campus", qui indique très clairement et très précisément comment s'y rendre... en voiture. Rien pour les transports en communs.

Voici une vidéo du trajet de tram.



Vous imaginez que j'étais transportée (ha ha) de bonheur à l'idée de reprendre le Greyhound aujourd'hui pour aller de Baltimore à Philadelphie. En plus on n'avait pas acheté nos billets à l'avance, et la gare Greyhound est très loin du centre ville, bref ça s'annonçait mal. En réalité, et comme pour me faire mentir, tout s'est passé à merveille, le timing s'est très bien goupillé malgré l'absence totale d'organisation, on a très peu attendu et le bus n'est parti qu'avec neuf minutes de retard - autant dire qu'il était en avance. C'est peut-être ça le secret du bonheur en voyage : le manque d'organisation.
Nous n'avons pas traîné à Philadelphie, nous sommes allés directement à notre logement : Tricia, la gentille Maman de Kevin, un de mes copains d'agreg, nous prête généreusement sa maison à Haverford. Pour aller à Haverford, il faut prendre un train de banlieue pendant environ 20 minutes. Nous ne savions pas à quoi nous attendre, et nous avions vu en arrivant sur Philadelphie des banlieues qui sont vraiment effrayantes dans le genre bidonville.
Mais rien de tout ça à Haverford, qui est une banlieue plutôt aisée. Jolies maisons, jolis jardins, deux supermarché à 10 minutes à pied, un concessionnaire Lexus et un Jaguar, deux joailleries. La maison de Tricia va avec le quartier : décorée avec goût, très grande, un joli porche, équipée comme un palace. Finalement, pourquoi s'embêter à aller à Philadelphie, avec ses voitures, ses grand immeubles et ses musées alors qu'on peut rester tranquillement à regarder la télé sur projecteur ?

jeudi 16 août 2007

Transports

Alain et moi venons de passer quelques jours assez éprouvant.

Nous sommes partis de Washington pour aller à Charlottesville. Nous avons pris le Greyhound. Pour ce faire, nous sommes allés à la station Greyhound (c'est logique). La station de métro la plus proche est la gare de trains, mais il faut marcher 10 minutes pour rejoindre la gare routière. Comme nous avions les sacs, nous avons décidé de prendre un taxi qui nous a coûté les yeux de la tête pour faire même pas 1km... pour ensuite nous rendre compte que le bus, après avoir quitté la station Greyhound, s'arrêtait à la gare de trains.

Tous ces transports mettent bien du temps... Nous sommes partis du B&B à 8h20, nous sommes arrivés à 9h à la gare routière (il faut arriver 1h avant pour retirer les billets) le bus est parti à 10h, et le trajet vers Charlottesville dure 3h10. Enfin, normalement, il dure 3h10, mais comme chacun sait, les choses se passent rarement comme sur les prospectus. Déjà, on a mis super longtemps pour sortir de Washington (1h), manquant au passage d'écraser un piéton, et récoltant quelques gestes pour le moins agressifs de certains automobilistes énervés par la conduite "sportive" de notre chauffeur.

Après avoir quitté Fredericksburg, petit bled pourri desservi seulement par Greyhound (les pauvres) le chauffeur s'est arrêté sur le côté de la route et a dit "We have a problem..." ah, le voyage avait trop bien commencé, ça ne pouvait pas continuer bien longtemps. Le problème, c'était qu'il ignorait complètement comment aller à la prochaine station sur la liste. Les passagers ont étés mis à contributions, les mieux infiltrés dans le milieu du transport ont joué du téléphone portable, et même de l'ordinateur portable, pour sortir le chauffeur (et ses 55 passagers) de ce mauvais pas. Pour finir, c'est donc un passager qui a guidé le chauffeur vers Charlottesville, sans passer par la gare fantôme dont il ignorait la localisation, et qui s'est avérée par la suite être tout simplement la gare de trains de Charlottesville, à 5 minutes à pieds de la gare routière. Nous sommes donc arrivés à bon port avec 1h30 de retard, c'est-à-dire à 2h40, à Charlottesville.

Charlottesville, petite bourgade de Virginie de 40 000 habitants, dont la plupart sont affiliés d'une manière ou d'une autre au plus gros employeur de la région, UVA : "University of Virginia", qui se trouve être également ma destination. Le retard du bus avait écourté légèrement mon après-midi de travail, mais heureusement on a le droit de prendre des photos numériques des documents, ce qui m'a permis de gagner beaucoup de temps. Et je n'en avait pas beaucoup, du temps, car nous devions repartir le lendemain.

Nous avons été accueillis par un couchsurfer très sympa, Ross, aspirant photographe, et son co-locataire, qui travaille dans un magasin de vélos. Bref, pleins de sujets de conversation, dommage que le voyage ait été aussi fatiguant...

Le lendemain, je suis retournée finir mon boulot le matin, et ensuite, nous avions un billet pour Baltimore, en passant par Washington. Beauté du voyage : le tronçon Washigton-Baltimore était en train, mais le trajet Charlottesville-Washington était en bus, avec 1h30 d'attente entre le bus et le train. La ponctualité légendaire des Greyhound allait-elle nous permettre d'être à l'heure pour prendre notre train ? Le suspense commença dès 4h15, heure supposée de l'arrivée du bus en gare de Charlottesville. Pas de bus. Il est arrivé avec 20 min de retard, mais en double. Deux bus sont arrivés, et pendant 10 minutes, les passagers des deux bus ont effectué des changements dont nous ignorions la signification, pendant qu'on comptait les minutes. On nous fait rentrer, le chauffeur compte et recompte les passagers, puis demande deux volontaires à destination de Washington pour changer de bus, met encore 15 min pour trouver les bagages des deux volontaires...

Nous avions presque fait une croix sur notre train, surtout quand nous avons vu que notre conducteur prenait des petites routes (la campagne adoucit les moeurs).

C'est fastidieux à lire, toutes ces histoires de bus ? ça l'était encore plus à vivre, car sachez que je vous épargne les détails.

J'abrège le suspens : le conducteur a appuyé sur le champignon (Chauffeur !!! si t'es champion !!!), et nous sommes arrivés juste à l'heure pour notre train, à la minute près. Nous sommes arrivés à Baltimore frigorifiés car la clim était à fond dans le train.

Nous avons appris une grande leçon ce jour-là : Les Etats-Unis s'apparentent par certains aspects à un pays sous-développé, notamment en ce qui concerne les transports. Vraiment. Auparavant, le mot "Greyhound" m'évoquait le voyage, l'aventure, Jack Kerouack, la découverte des grands espaces ; maintenant cela m'évoque les longues heures d'attente à regarder les jeunes du coin jouer au flipper "Tales of the Crypt", et à feuilleter, dans l'air sur-climatisé d'une gare paumée, le journal local rempli de pubs pour les restos du coin où nous n'irons pas puisque nous sommes sur le départ.

La prochaine fois que je vois un TGV, je l'embrasse.

lundi 13 août 2007

Vélo

Encore un sujet que vous attendiez tous : et le vélo alors ? Eh oui, vous savez tous que je suis active à Vélo 15et7, et fervente militante de ce mode de transports écologique, économique, et bon pour la santé, que j'ai adopté illico après l'avoir essayé.

En arrivant ici, je me suis dit qu'il serait intéressant de faire un comparatif sur l'utilisation du vélo des deux côtés de l'atlantique. Aujourd'hui, je suis bien obligé d'avouer que les situations sont tellement différentes que toute tentative de comparaison risque sérieusement d'être coupable, sinon de contre-vérités, au moins d'incomplétude et sans doute de malentendus culturels.

Commençons par la culture, justement. J'ai presque plus envie de vous parler de voiture que de vélo, c'est très ironique. Ici, la voiture est LE signe extérieur de richesse par excellence. Et Dieu sait qu'il y en a beaucoup... Alain et moi nous sommes souvent interrogés sur le fait que des jeunes avec des casquettes flambant neuves laissent l'étiquette dessus... Est-ce pour montrer qu'elles sont neuves ?

Nous avons vu, autant dans les quartiers "qui craignent" (selon le guide du Routard) que dans les quartiers de classe moyenne, que devant la maison blanche, des voitures de folie. Déjà, la plupart des voitures sont flambant neuves - si, si, même à Harlem. Et puis elles sont toutes grosses. Et puis on a vu des gens prendre leur voiture de sport pour aller au travail le matin ou un "pick-up truck" 5,7l (ça n'existe pas en France) garé sagement au centre de Washington. Alain pourrait vous dire les marques et les modèles, moi je n'y connais rien, mais tout ce que je sais c'est que ces voitures ne sont pas là pour être utilisées à pleine puissance, elles sont là pour symboliser quelque chose - la puissance très certainement.

On parle souvent de l'attachement des Français pour leur voiture. Vu d'ici, on a du mal à trouver que les Français soient vraiment attachés à leur voiture, si ce n'est l'attachement sentimental à la vieille dodoche ou 4-L familiale. Les américains sont non seulement attachés à leur voiture, mais je croient qu'ils y voient aussi le signe de leur statut social. Nous, français, mettons sans doute plus de fierté dans nos vêtements, alors que les chercheurs américains vont dans leur bibliothèques les plus prestigieuses en short et baskets sans problème.

Dans ce contexte, difficile de laisser tomber sa bagnole pour un vélo... il faut soit être un militant gauchiste, soit être New Yorkais - mais ici, tout le monde sait que tous les New Yorkais sont tous des Trotskystes, si l'on en croit le nombre de sens interdits à New York qui, comme nous l'explique de manière éclairante Ted Stranger dans Sacrés Américains, sont considérés dans l'Amérique profonde comme une atteinte à la liberté de circuler, et donc font partie d'une conspiration communiste pour paralyser l'Amérique qui avance.

Bref, et le vélo dans tout ça ? Dans les villes de la côte Est, j'en ai vu plutôt beaucoup, comparé à ce que j'imaginais. Bien sûr, le dimanche on voit beaucoup de promeneurs en VTC ou de cyclistes sportifs. La grande mode, à New York et Boston surtout, c'est le "fixed gear", le vélo à pignon fixe. En France, on connaît ce type de vélo surtout pour une pratique sportive. Ici, c'est toute une philosophie qu'on comprend mieux si on lit la page wikipedia en anglais sur le sujet.
Le vélo à pignon fixe, c'est un vélo sur lequel la chaîne est reliée directement à la roue. Il n'y a pas de roue libre ni de changement de vitesse, c'est-à-dire qu'il faut pédaler au même rythme que les roues... en descente, ça peut aller très vite. Beaucoup de raisons sont évoquées par ceux qui préfèrent le pignon fixe : la légèreté du vélo (pas de dérailleur) ainsi que la simplicité de la mécanique, le fait d'être en contact direct avec la route, etc... Justin et Lindsay, deux co-couchsurfers rencontrés à Boston, sont de fervents défenseurs du pignon fixe. Ils ont même écrit un morceau musical qui s'appelle "The Tao of Fixed-Gear Biking", développant une mystique du "cycliste ne faisant plus qu'un avec son vélo". Quant à Jacob, qui m'a hébergé à Harlem les premiers jours, il vélotaffe avec ce type de vélo (vélotaffer = aller au travail en vélo), et m'explique tout simplement que le pignon fixe lui permet "d'aller plus vite et d'être plus réactif au milieu de la circulation New Yorkaise".
Ah oui, une dernière chose, le vélo à pignon fixe a été popularisé aux Etats-Unis par les "Bike messengers", les coursiers à vélo New Yorkais qui bravent les feux rouges et les taxis de manière spectaculaire.

Bref, le vélo à New York est assez à l'image de la ville : agressif.

Nous n'avons pas testé les "pedicabs", ces vélos-taxis qui pullulent à New York, mais ils font complètement partie du paysage !



Jusqu'à demain, nous sommes à Washington DC. Dans cette petite capitale fédérale, où les rues du centre ville ont la largeur des autoroutes françaises (6 voies, pour certaines comme Pennsylvania avenue) et semblent désespérément désertes, je trouve qu'il y a assez peu de vélos. Ou peut-être sont-ils seulement noyés dans cet océan de bitume et de marbre qu'est Washington. En revanche dans le quartier où nous résidons, près de U Street, on en voit beaucoup plus, surtout à l'heure où les gens rentrent du boulot.

Lorsque nous avons lu la description que le routard fait du quartier, nous avons eu un peu peur (nous avons lu la description APRES avoir réservé notre chambre dans le B&B). En fait c'est un des quartiers que nous avons trouvé le plus sympa. C'est un peu comme Harlem : ancien quartier riche blanc qui s'est ensuite paupérisé au point d'être un symbole de la pauvreté urbaine, ce quartier a vu naître Duke Ellington, et est maintenant en pleine re-dynamisation. L'ambiance est très bonne : plein de petits restos, cafés, commerces de proximité sur les grandes artères, et dans les petites rues il y a de jolies maisons en brique, très colorées, avec de jolis petits jardinets devant. La population est très mélangée et toujours très accueillante - comme toujours depuis le début de notre séjour.

Et des vélos, donc...

Lien blog photos

N'oubliez pas d'aller voir les photos d'Alain à cette adresse : http://usa.alaingrodard.fr/

dimanche 12 août 2007

Charleston, suite

C'est difficile de garder le rythme des voyages... on bouge pas mal et les messages de ce blog se succèdent au rythme de la qualité des connexions internet que nous glânons en chemin.

Donc aux dernières nouvelles, nous étions à Charleston. Au passage, une image d'une maison typique de Charleston (photo), et il faut avouer que la ville est assez chouette architecturalement parlant. Et il faisait chaud, très chaud.
Notre dernier jour là-bas, nous avons décidé d'aller visiter l'aquarium histoire d'être au frais pendant quelques heures. Bien entendu, comme partout, la clim est absolument à fond, c'est vraiment ridicule. Quand il fait 40°C dehors, que l'on transpire comme un boeuf, il faut être de constitution solide pour ne pas attraper la mort au moment où on rentre dans n'importe quelle boutique ou lieu publique, qu'il fait 17°C et que nos fringues sont trempées de sueur. Où alors il faut être américain, Avoir une grosse bagnole avec la clim, et n'avoir de contact avec l'air extérieur que entre la maison et la voiture et entre la voiture et le lieu de destination. Aimer les sensations "fortes": l'air trop froid (violemment souflé dans la figure si possible), l'eau trop froide remplie de glaçons (donc à boire avec une paille, forcément), la nourriture trop salée ou trop sucrée, en trop grande quantité, bref tout à l'excès. Ras le bol.

Quel meilleur moment pour parler d'écologie ?
Quand nous sommes allés à l'aquarium, nous avons entendu un discours écologiste ad nauseam : les sacs plastics, c'est pas bien, ça tue les tortues; si vous voulez manger des fruits de mer, choisissez un restaurant qui soutien la pêche "durable", etc... On est même allés voir un film dans le cinéma "IMAX" (qu'est-ce qu'on ferait pas pour un peu d'air frais) nommé "Hurricane in the Bayou", qui parlait des causes écologiques du tragique ouragan Katrina qui dévasta une partie de la Louisiane en 2005. Causes écologiques : digues et canaux construits par l'homme, qui ont eu pour effet de faire entrer de l'eau de mer et donc de saliniser les marais, empêchant ainsi la croissance de certains végétaux, et qui ont freiné les crues annuelles qui déposaient du limon, essentiel au maintien de ces marais. Ces marais servent de "ralentisseurs" aux ouragans, qui prennent de la force en passant sur la mer, mais en perdent en passant sur la terre. D'année en année, les marais disparaissent, laissant ainsi une autoroute pour les ouragans. Le film était bien entendu dégoulinant de bons sentiments, de gens qui pleurent, et qui retrouvent leur famille, mais tout se termine par un repas cajun autour du feu en jouant du jazz.

Bien entendu, pas un mot sur des thèses (bien trop fumeuses) parlant de réchauffement climatique causé par l'activité humaine, ne serait-ce que pour dire que ces thèses existent. La solution est toute trouvée : donner de l'argent à tel ou tel oeuvre pour replanter des arbres dans le bayou et faire des digues plus résistantes. Ouf, on est sauvés !

Société kleenex

Pendant ce temps le gâchis énergétique de ce côté-ci de l'Atlantique est faramineux. Outre la climatisation des maisons et des voitures (imaginez des millions de gros frigos mal isolés !), l'ère du jetable a atteint des sommets ici. Vraiment. Avant de venir ici, je pensais qu'en France on était dans l'ère du jetable, en fait je n'avais encore rien vu. Par exemple, la première fois que je suis rentrée dans un Starbucks, à Boston, j'étais étonnée par l'ampleur de tout de qui était jetable : gros verres en plastique épais avec gros couvercle, paille, bien sûr, touillettes, si vous prenez plusieurs boissons on vous donne une sorte de boîte à oeufs, mais plus grand pour pouvoir caler vos gobelets en plastique dedans, couvercle en plastique systématique sur tous les gobelets... tout ça jetable.
Et pourtant, Starbucks a plutôt une image "écolo" et sur les serviettes en papier, on peut lire quelque chose du genre "Think about our environment. Take only what you use. Recycled paper." afin d'inciter les gens à ne pas prendre 10 serviettes s'ils n'en ont besoin que d'une. Il faut dire que dans la plupart des autres endroits, comme j'ai pu le constater par la suite, on vous met 15 serviettes dans le sac plastique sans vous demander votre avis. Dans les supermarchés, les sacs plastiques sont systématiquement doublés pour ne pas qu'ils craquent ! (il faut qu'on m'explique quel est l'ingénieur stupide qui conçoit des sacs plastiques trop grands ou pas assez solides...).

Dans notre trajet de train qui a duré plus de 14h, Alain et moi avons pris un thé, un pepsi et 2 muffins. Voilà la quantité de déchets que ce simple goûté produit :















Le carton, c'est un "plateau" jetable, avec des petites anses pour tenir les gobelets. La tasse de thé (gauche) est recouverte d'un éternel couvercle - afin de garder bien chaud l'eau déjà trop chaude - avec une petite ouverture pour boire, un peu comme les verres pour bébé. La boîte de Pepsi est accompagné de son verre et de sa paille (indispensable pour boire son pepsi avec des glaçons), les muffins étaient sur-emballés (plastiques à l'arrière) et on nous a donné bien trop de serviettes. Quel est le coût écologique de tout ça ?

Transports

Au niveau des transports, Alain et mois sommes tributaires des transports en commun, donc nous sommes en très bonne position pour évaluer leur qualité. Boston, New York et Washington ont des transports de très bonne qualité. Charleston, c'est une autre histoire ! A l'office du tourisme de Charleston, j'ai demandé s'il y avait des bus, on m'a répondu "Oui, mais si j'étais vous je ne m'y fierais pas." Sur ce, on m'a conseillé de prendre plutôt les "pedicabs", sortes de vélo-taxis très présents également à New York. Nous n'avons pas encore essayé. En revanche, mieux que le pedicab, mieux que le bus qui ne passe jamais, nous nous sommes déplacés à Charleston en vélo - Charleston est une ville assez petite, et, alors que la marche est très désagréable par cette température, le vélo procure une petite brise qui manque quand on ne bouge pas. Le b&b où on était prêtait des vélos (voir le mien sur la photo). C'était un peu dur de s'y habituer car il n'y avait qu'une vitesse et qu'on freine... en pédalant à l'envers. Personnellement, je trouve ça très désagréable, car il faut prendre l'habitude de prendre, au moment où on freine, la position dans laquelle on veut que les pédales soient pour redémarrer. Enfin, c'était très bien pour se balader à Charleston !
La circulation en ville est assez agréable et les conducteurs, dans leur grande majorité, sont très courtois.

A Washington, on peut prendre son vélo dans le métro (hors heures de pointes) et il y a des broches à l'avant de tous les bus pour l'y accrocher. Mais j'ai vu assez peu de cyclistes à Washington !

Pour quitter Charleston, nous avons renoncé aux 10h de trains pour rejoindre Washington, nous avons estimé que cela était un peu trop fatiguant donc nous avons... pris l'avion. Oui, je sais , hérésie des hérésies écologiques... Mais voilà, avant de venir ici, je pensais que je menais une vie écologiquement incorrecte et qu'il fallait que je fasse des efforts quotidiennement, maintenant que j'ai vu comment vivent les Américains, je pense à mon empreinte écologique à Paris comme était à peu près équivalente à celle de Laura Ingalls. Donc j'ai meilleure conscience. Donc je prends l'avion, et c'est très mal. C'est la spirale infernale.

Notons au passage que les services de sécurité de l'aéroport nous ont contrôlés au peigne fin, fouillant les valises et les chaussures, nous délestant de nos bouteilles d'eau, mais nous ont quand même laissé emmener en cabine :
- des allumettes
- un briquet
- un grand parapluie d'1m10.

Gageons que les prochains terroristes utiliseront la bonne vieille méthode du parapluie blugare...

vendredi 10 août 2007

Air conditioned nightmare

A Charleston en ce moment il fait très très chaud... Apparemment, on bat des records de température ici, Alain et moi sommes bien veinards d'être arrivés juste à ce moment-là...

Heureusement, tous les bâtiments publics, restaurants et magasins sont climatisés à mort, comme ça on peut avoir le plaisir de trembler de froid et d'attrapper la crève. C est le cauchemar de la climatisation...

Heureusement aussi, la bibliothèque où j'ai du travailler, la Charleston Library Society, n'avait pas de clim à cause d'un problème technique. Ca m'a donc permis de travailler dans des conditions naturelles, sans méchante clim, mais avec un énooorme ventilateur braqué sur moi qui n'empêchait pas les gouttes de sueur de ruisseler sur moi. Comme dit Alain : "C'est là qu'on se rend compte de l'utilité des sourcils".
Comme les employés de la bibliothèque sont des petites natures, ils ont décidé que le manque de clim était une bonne raison pour fermer à midi au lieu de 17h hier et avant-hier. J'ai donc du travailler à toute vitesse !

A midi hier, quand j'avait presque fini - et ruisselante de sueur - le boss de la bibliothèque me dit : "Si vraiment vous avez besoin de plus de temps, la Société Historique de Caroline du Sud (juste au coin de la rue) disposent de copies de ces documents. Et ils ont la clim."

mercredi 8 août 2007

Charleston

Charleston, de quoi parle-t-on ?

Il y a 2 Charleston aux Etats-Unis : Charleston, South Carolina, et Charleston, West Virginia. Nous sommes à Charleston en Caroline du Sud, presque au bord de l'océan. Pour ceux qui se demandent s'il y a un rapport avec la danse "le Charleston", et bien oui, c'est la communauté noire d'ici qui l'a inventée dans les années folles, mais elle a pris son essor surtout à New York, suite à une comédie musicale de Broadway.

Le but de la dance était de singer les citoyens qui soutenaient la prohibition - Charleston avait alors la réputation d'être une ville "provocante" et "immorale" (source: Wikipedia) et on trouve peut-être encore des traces de cette mentalité ici : déjà la plupart des B&B proposent du Sherry à certaines heures de la journée, (dans le nôtre nous avons notre bouteille dans la chambre), et puis le "deli" du coin est plus fourni en bière qu'en aucun autre produit... c'est vraiment étonnant, il n'y a presque que ça. Peut-être cela vient-il du fait que les rues adjacentes sont remplies de maisons de "fraternités", ces clubs d'étudiants portant des sigles en lettres grecques. Même si l'on n'est pas sensé boire avant 21 ans...

Bien sûr, dans notre chambre à côté du Sherry on trouve aussi la Bible ! (voir photo) Ca doit être une région quand même assez religieuse, si on en croit le nombre d'église au km². Pas autant qu'à Harlem, mais presque !
















Notre B&B

Comme vous pouvez le deviner sur la photo précédente, la chambre de notre B&B est assez confortable. Le B&B s'appelle "Rutledge Victorian House", car Charleston joue beaucoup sur son côté colonial et anglais. On a donc une déco kitsh à souhait, avec des petits anges, des petits chats, des drapés et beaucoup trop de coussins partout - en fait c'est du kitsch Anglais sur lequel on a superposé du kitsch Américain. Le résultat est cependant très agréable, bien qu'un peu lourd, et surtout tout rose... Voici une photo de notre chambre (qui a cependant le bon goût d'être climatisée) :













Et de la salle de bains :



















Et puis il y a une terrasse au cas où on voudrait faire un hammam (rapport à la chaleur étouffante) où y fumer son cigare le soir :














La raison pour laquelle on a pris un B&B est que c'est moins cher qu'un hôtel, ce qui est un particularité que j'ai constaté à plusieurs reprises ici. C'est pas donné non plus, mais pour 100$ dans un B&B, on a une chambre tout à fait correcte (avec salle de bains partagée parfois), un petit déjeuner, une collation de fromage et de sherry le soir, et, chez nos hôtes, des sodas ou boissons chaudes et des cookies toute la journée.

Dans un hôtel, il faut compter 130$ pour la moindre chambre, sans petit dej, et les commentaires de clients que j'ai pu lire sur internet, même dans des hôtels chers, ne me donnent pas forcément envie d'essayer.

Charleston

Charleston est une ville très belle, dont on pourrait profiter beaucoup plus s'il n'y avait pas cette chape de plomb climatique. Il paraît qu'on s'y habitue... Ce n'est pas tant la chaleur que l'humidité qui rend vraiment tout déplacement particulièrement douloureux.














C'est une ville où il y a des palmiers, des jolies maisons anciennes, et un "French Quarter", comme à la Nouvelle Orléans. Les principales attractions sont les tours en calèche, les tours en bateaux, et les visites de maisons hantées et autres "Ghost tours". Il faut dire qu'avec son passé vaudou, la tradition littéraire du "southern Gothic" et un climat particulièrement étrange, le lieux est propices aux inventions sinistres.

Par exemple, hier nous avons pu constater qu'à la tombée de la nuit, à cause sans doute de celle brume tenace qui est partout, l'atmosphère est envahie d'une lumière rose très très bizarre. C'est l'heure où les chauve souris sortent, ainsi que les moustique qui attendent de se régaler de chair fraîche, et c'est l'heure où d'autres bestioles non encore identifiées font des bruits effrayants dans les arbres. Regardez la vidéo pour vous faire une idée... Je vous promet que le son n'est pas trafiqué !


mardi 7 août 2007

Voyage

En repartant de Boston, nous avons fait un loooooong voyage ! D'abord Greyhound de Boston à New York (4h30) dans un bus flambant neuf. Déjà, avant de partir, le chauffeur avait l'air bizarre. Il sirotait son café en soupirant, sans participer du tout à la préparation du voyage (en général, ils aident à charger les sacs). Pendant le voyage cette impression s'est confirmée : tout en continuant à boire son café et à soupirer, il a commencé un concours d'intimidation avec un automobiliste, allant presque jusqu'à s'arrêter en plein milieu de l'autoroute lorsque son rival a décidé de faire une pause sur une aire de repos pour sortir de cette course stupide.

Il était en excès de vitesse la plupart du temps, ce qui nous a valu d'arriver 15-20 minutes en avance sur le planning. Inquiétant...

Une fois arrivés à la station de bus "port authority" vers 13h30, nous sommes allés à Penn Station pour prendre le train de 15h15 qui allait nous emmener à Charleston (Caroline du Sud) en seulement 15h30 (pour quelques 1200 km). Arrivée à Charleston à 5h30 du matin... C'était vraiment une erreur de calcul de ma part : j'ai cru les publicités de la compagnie de trains, Amtrak, qui disaient que les trains étaient confortables et qu'on pouvait y dormir. S'il est vrai que les trains sont relativement confortables - plus que les TGV et beaucoup plus que les "Greyhound", en particulier en ce qui concerne la place pour mettre les jambes - cela reste quand même un confort tout relatif, surtout quand on a des grandes jambes comme Alain. D'autant plus qu'à côté de nous, une dame avait des problèmes de santé et avait des quintes de toux toutes les demies-heures. Elle prenait ses médicaments avec du Pepsi. Bref, on n'a pas dormi...

Une fois arrivés à Charleston, on a attendu un peu à la gare - rien n'est ouvert à 5h30 ! Le truc, c'est que rien n'est ouvert à la gare non plus. D'ailleurs il n'y a rien dans cette gare, à part un distributeur de boissons et deux salles d'attentes. Elle est desservie 4 fois par jours par le train, et elle est à une dizaine de miles du centre-ville. Nous avons finalement pris un taxi pour aller "downtown". On a trouvé un café où prendre un petit dej, puis on a marché, laborieusement, jusqu'à notre B&B... Laborieusement, car dès 5h du matin, un voile de brume planait sur le paysage, à cause des 100% d'humidité sans doute. Qu'allions-nous faire dans cette galère ! Le chauffeur de taxi avait donné le ton dès le début : il a fait 100-105°F hier, et la météo prévoyait encore plus aujourd'hui ! A ma question naïve "Don't you get fresh air from the sea?" ("N'y a-t-il pas de l'air frais de la mer ?"), il a répondu "Oh yes, we do get fresh air, but it's HOOOT !"

Boston

Le voilà, le post que vous attendiez tous...
Nous n'avons pas vraiment eu l'occasion de nous connecter à Internet récemment, donc pas de messages !

Vendredi midi nous avons quitté NYC pour aller passer la fin de semaine à Boston. C'était vraiment un week-end formidable ! Après nos 4h30 de bus Greyhound, nous nous sommes baladés dans "Beacon Hill", le quartier historique de Boston. C'est un quartier qui prouve qu'on n'appelle pas cette partie des Etats-Unis "la nouvelle Angleterre" pour rien. Jolies maisons en brique avec bow windows, petits jardins mignons et grands arbres majestueux.

Samedi, nous avons visité la ville après avoir pris un copieux brunch avec oeuf brouillés, saucisses, ketchup et pommes de terres sautées - pas lourd du tout à digérer. Ca nous a permis de tenir sans problème jusqu'à 18h, mais... au ralenti ! Boston est très animée le week-end, il y a énormément de musiciens dans la rue, en général pas mauvais. Le quartier du Quincey Market regorge d'animations. Nous avons fait une petite croisière en bateau, qui nous a mené jusqu'à deux navires garés sur la rive opposée, l'USS Cassin Young (photo - merci Alain pour la retouche), Destroyer de la seconde guerre mondiale, et USS constitution, trois-mât en bois.








Le Port de Boston










Enfin dimanche, nous sommes allés à Cambridge (je vous ai dit qu'on était en nouvelle Angleterre ! D'ailleurs, à la gare routière de Boston, on voit des bus en partance pour Londres et Manchester, et les panneaux d'autoroute indiquent Bristol, et Sandwich, et les pères pélerins du Mayflower ont bien entendu débarqué à... Plymouth, n'en déplaise aux Indiens) et nous avons visité Harvard, le MIT et le musée du MIT - visites très intéressantes ! Pour rentrer à Boston nous avons marché sur le Longfellow bridge sur la Charles River, qui sépare Boston de Cambridge, baignés dans une jolie lumière de fin d'après-midi.










Boston vu de Cambridge


Pendant ces trois jours, nous avons logé dans une annexe de l'auberge de jeunesse. Cette annexe est une résidence étudiante de Boston University pendant l'année. C'était bien, pas trop loin du centre, propre, confortable, et très bien climatisé, tant et si bien que je devais dormir avec 2 couvertures. C'est très ironique quand il fait 40°C dehors.
Et puis si quelqu'un pouvait m'expliquer ce qu'est un 'savon boudiné à la française', j'en serais bien aise.

vendredi 3 août 2007

Communication de masse

Ce qui est frappant d'entrée de jeu, c'est que les Américains se sentent à l'aise à l'idée de communiquer. Ils ont la conversation facile, et ils ne s'embarrassent pas de salamalecs avant d'en commencer une.

Scène intéressante hier alors que nous étions dans une des salles du musée national des amérindiens, le gardien du musée commence à parler de sa femme et ses gosses à une famille Britannique en visite - un peu à la manière de Columbo, du genre "ma femme dit toujours qu'il faudrait que les enfants puissent toucher les objets dans les musées...", puis de raconter des anecdotes amusantes sur ses enfants.... La famille britannique rigolait, mais on sentait que c'était pour faire plaisir à monsieur le gardien du musée. Une telle scène serait inimaginable dans un musée anglais ! Shocking !

Un mot sur le musée : beau bâtiment, mais on a l'impression que le musée a été construit à la gloire des créateurs du musées pour avoir eu cette idée géniale de - enfin - consacrer un espace aux peuples indigènes de l'endroit. Donc il n'y a en tout et pour tout qu'une salle avec des objets d'artisanat Indien, dans laquelle est projetée une vidéo sur l'histoire de... la création du musée !

Bref, revenons à la communication. Les américains communiquent facilement, et tout semble être support à la communication, votre coiffure, vos baskets, et surtout vos T-Shirt. Le T-Shirts est le moyen de communiquer quelque chose à propos de vous-même sans même avoir besoin de parler, et en vous adressant à tout le monde à la fois. On a donc souvent des "slogans", des symboles, des credos voire des manifestes sur les T-Shirts.

- I hated Bush before it was cool.
Fr : Je détestait déjà Bush avant que ça devienne cool.

- (En gros) Sabbath (sigle de Nike) - (En petit) Just do it

- I've Got good hair cause there's an African in my family
Fr : J'ai de bon cheveux parce que j'ai un africain dans la famille

- Geek is hot
Les intellos sont sexys (traduction approximative)

Et plein d'autres choses aussi raffinées que "Bitch", par exemple.

On trouve aussi beaucoup de tshirts avec le logo "I (coeur) NY". En France on pourrait croire que ce type de Tshirt est réservé aux touristes, et nous, français, snobbons systématiquement tout "I love Paris" de peur de faire un peu beauf'. Ici, beaucoup de gens portent ce t-shirt, y compris des gens qui font très couleur locale.

Autre type de T-shirts, ceux avec le logo d'une université. Très courant aussi... D'ailleurs, sur le boulevard St Michel, on voit souvent des stands qui vendent des T-shirts "Paris Sorbonne". C'est pour les ricains.
Sachant que les Américains peuvent payer jusqu'à 30 000$ pour une année universitaire, il est étonnant que les établissements n'incluent pas le Tshirt avec l'inscription. Ce n'est pourtant pas le cas, et ceux qui veulent arborer fièrement les couleurs de leur institution doivent les payer de leurs propres deniers.

Alimentation, poil au menton #3 - l'exotisme

Nous avons mangé dans un bon resto l'autre jours ! C'était un resto mexicain dans l'East Village. Alain a pris des Fajitas au poulet avec haricots noirs, et moi un Burrito au cactus... oui, au cactus Nopal (de la famille des Oponces). Voir cette page d'information.

Le cadre était sympa - petite terrasse avec vue imprenable sur l'immeuble d'à-côté - et la nourriture était bonne ! Ni trop salé, ni trop sucré, juste ce qu'il faut. Et le cactus ? délicieux, un peu acide, avec un petit goût d'asperge, surprenant !

jeudi 2 août 2007

Avant-hier, j'ai travaillé là :












C'est la salle de lecture de la Morgan Library (voir aussi la page Wikipedia Français et en Anglais), une bibliothèque privée très bien fournie, et également musée qui expose les objets de la collection de John Pierpont Morgan, le collectionneur à l'origine de cet établissement.

J'y allais pour consulter deux lettres écrites par Fitz-James O'Brien, mais pour y entrer, ça n'est pas aussi simple qu'à New York Public Library ! Il faut d'abord demander un rendez-vous par mail, en joignant une lettre de recommandation ainsi qu'une lettre expliquant vos recherches, avec si possible la liste de documents à consulter. Le délai pour avoir un rendez-vous est d'environ 2 à 3 semaines.

Au jour et à l'heure dits, vous vous pointez par l'entrée spécial pour les lecteurs et le personnel, entrée plutôt discrète et humble, située au coin de l'entrée principale du musée, fraîchement refaite par Renzo Piano. Interphone. Vous déclinez vos nom et qualité, on vous laisse rentrer. Il y a ensuite un concierge, à qui vous répétez votre nom. Il vous a sur une liste, donc il vous donne un badge et vous fait signer un registre avec votre heure d'entrée. Une autre personne en uniforme vous demande de le suivre et vous emmène dans un ascenseur transparent (merci Renzo !!) situé dans le hall d'entrée. Dans l'ascenseur, il utilise une clef pour pouvoir accéder au 3ème niveau, mais sort de l'ascenseur illico avant que les portes se referment. Vous êtes tout seul dans un ascenseur transparent.

Une fois arrivé au 3ème niveau, on vous fait remplir la dernière formalité, la fiche d'inscription, et on vous demande, bien sûr, une pièce d'identité. Vous vous débarrassez de toutes les affaires qui ne sont pas essentielles à votre recherche, bref vous ne gardez que votre ordinateur portable, tout le reste vous le mettez dans un des casiers mis à la disposition des lecteurs. Enfin, dernière étape avant de rentrer dans la salle de lecture, il faut vous laver les mains dans le lavabo situé juste à l'entrée. Eh oui ! Quand on manipule des manuscrits, il faut avoir les mains propres !

Vous entrez enfin, toutes les procédures on duré en tout et pour tout 10 minutes. Vous calculez déjà qu'il va falloir encore 20 minutes pour commander les documents, le temps qu'ils arrivent... Mais vous vous trompez ! on n'est pas à la BnF ici, on a tout préparé pour vous, et les documents que vous voulez consulter vous attendent au frais sur le bureau du bibliothécaire. Comme on préfère éviter trop de manipulations des documents, c'est le personnel qui vous apporte les documents à votre table et viennent les rechercher quand vous n'en avez plus besoin. C'est pas beau, ça ?

On peut trouver ces précautions un peu extrêmes pour deux lettres d'un auteur obscur. Mais il ne faut pas oublier que la Morgan Library abrite aussi une Bible Gutemberg (env. 1455) ainsi que de nombreux manuscrits médiévaux, des manuscrits de Mozart, des fusains de Rubens, des manuscrits de Thoreau, ou encore des sceaux cylindriques néo-babyloniens (1000-539 avant J.-C.) et bien d'autres objets précieux.

J'ai pu ensuite, avec mon badge, visiter rapidement les quelques salles du musée. J'étais très impressionnée par la salle de la bibliothèque de Mr. Morgan himself, en rentrant on ne peut s'empêcher de pousser un grand Wouaou ! (si vous voulez la voir il faut aller sur cette page, puis cliquer sur la flèche de la pièce qui est tout en haut. C'est la bibliothèque !)

Mais il fallait que je me dépèche, car j'avais encore beaucoup de pain sur la planche a la bibliothèque publique de New York. En ce moment, je travaille dans la salle des microformes, et j'épluche les journaux New Yorkais des années 1850-1860, qui ont souvent la particularité d'avoir changé de nom en cours de route, ce qui pimente délicieusement ma tâche.
















Dans la salle des microformes, il y a des grands tiroirs avec les bobines des principaux journaux depuis 1830. Pour les plus anciens ou les moins répandus, il faut les commander. Quand vous avez votre bobine, vous allez sur un projecteur (j'ai repéré ceux qui marchent le mieux) et vous mettez la bobine dedans comme vous pouvez. Si vous voulez faire des copies, on vous assigne un prejecteur-photocopieur.

La difficulté à utiliser ces machines n'a d'égale que la désinvolture du personnel quand vous leur demandez de vous expliquer. Derrière le comptoir, une demie-douzaine jeunes filles d'une vingtaine d'années qui gloussent en regardant leurs copines quand vous leur demandez comment mettre la bobine dans le copieur. Une, la plus âgée, fait l'effort de se déplacer et de vous expliquer, en vous faisant comprendre, dans un Anglais excessivement rapide, que c'est extrêmement simple : qu'il faut tirer le support vers vous, mettre la bobine sur le support (dans l'autre sens que sur les projecteurs, mais ça elle ne vous le dit pas), faire passer le film sous le rouleau, puis sous la plaque en verre, puis sous l'autre rouleau, puis l'insérer dans l'encoche de l'autre bobine, soit à la main, soit en appuyant sur le petit bouton bleu caché derrière en espérant que la deuxième bobine entraîne le film, et recommencer si ça ne marche pas. Un jeu d'enfant.

On peut ainsi faire des copies avec la carte de photocopies qui peut aussi vous servir pour les machines "traditionnelles". C'est 0,20$ la page.
Vu le prix + la facilité d'utilisation, j'ai opté pour d'autres moyens : je photographie ! Certaines bibliothèque interdisent la photographie (Harvard, Collection Berg de la NYPL, Morgan...) d'autres l'encouragent (Boston Public Library, departement des manuscrits de la bibliothèque du congrès). Je n'ai pas réussi à savoir quelle était la politique pour NYPL, j'ai décidé de profiter de la nonchalance du personnel et photographier tout ce dont j'avais besoin.












Comme vous pouvez le voir, le resultat est assez lisible - en tous cas aussi lisible que sur le projecteur, c'est parfois très difficile à déchiffrer !


Toute cette semaine j'ai travaillé à la bibliothèque, laissant Alain errer seul dans New York comme une âme en peine !

mercredi 1 août 2007

Alimentation, poil au menton #2 - les sandwich bars et la bible

Les sandwich bars

Un certain type de lieu d'approvisionnement en nourriture est très répandu. Je n'en connais pas le nom, mais j'appellerai ça "sandwich bar", sur le même principe que "salad bar", c'est à dire que les sandwich sont faits à la demande avec les ingrédients que vous souhaitez. En général, des sandwich déjà tout faits sont aussi proposés pour les gens pressés.

Dans cette série là, on trouve plusieurs chaînes. La ligne directrice de ce genre d'endroits est que c'est de la nourriture "santé" - en plus on peut choisir ce qu'on met dedans. En général, au menu : des sandwichs à tout, avec toutes sortes de pains, des "wraps" (sorte de crèpes mexicaines enroulées, garnies de tout ce que vous voulez, souvent du poulet), il y a souvent un "soup bar" avec tous types de soupes - lentilles, légumes, celeri et pomme... - parfois un "pasta bar" où on peut composer sa salade de pâtes comme on veut. Plus plein de desserts, dont le fameux cheese cake new yorkais.

Quand on voit tout ça, on se dit que c'est formidable, et, encouragés par l'excellente expérience de "whole foods market", on tente le coup.
Hier, Alain a commandé un sandwich à la dinde, avec pain rond au sésame, avec un gâteau genre quatre quart en dessert. Moi j'ai commandé un "wrap" au poulet, feta, salade et sauce qui va avec, et un dessert composé d'une base de biscuit avec un glaçage à l'abricot.
Conclusion : le sandwich d'Alain était vraiment trop sec, il y avait de la moisissure sur son gâteau, mon "wrap" était vraiment, vraiment trop salé et mon dessert quelconque.

Cela rejoint l'expérience que j'avais eu à "Au Bon Pain" (en français dans le texte), autre chaîne de "salad bar" où j'étais allée à Boston et où j'avais pris une soupe aux pois cassés me disant que c'était très sain, sauf que je n'ai jamais pu finir la soupe tellement elle était salée.

Et les Frapuccino (= milkshake) de chez Starbucks sont toujours trop sucrés.

La bible

Il y a, bien entendu, tout un message, tout un livre, toute une encyclopédie à écrire sur la relation des américains avec la religion. Pour aujourd'hui, il suffira de dire que la religion, et en particulier la bible, se glisse aussi sur l'emballage cellophane de votre pain.

J'ai écrit la dernière fois que les Américains ne prenaient pas vraiment la nourriture au sérieux. Il faut que ce soit coloré, sucré, bref, amusant.

Quelle motivation pourrait-on donc avoir à manger sainement ???

1 - le caprice de star, comme Madonna
2 - un choix de vie bizarre, comme ceux qui décident de vivre dans leur voiture ou de ne pas avoir de travail
3 - parce que le médecin me l'a ordonné
4 - parce que JESUS me le demande !!!!

En voilà une magnifique raison de manger sain. Et une aubaine pour les entreprises qui font des produits sains. Ainsi, sur un paquet de muffins multigrains, on peut lire "Gen 1. 29".
Pour mes (rares) lecteurs qui ne connaitraient pas les saintes écritures par coeur, cela donne, en Anglais :
Then God said, "I give you every seed-bearing plant on the face of the whole earth and every tree that has fruit with seed in it. They will be yours for food."
et en Français :
Dieu dit: "Voici, je vous donne toute herbe qui porte sa semence sur toute la surface de la terre et tout arbre dont le fruit porte sa semence; ce sera votre nourriture."

Sur un paquet de pain aux légumineuses de la même marque, on trouve "Ezechiel 4.9". Le texte est comme suit :
Take wheat and barley, beans and lentils, millet and spelt; put them in a storage jar and use them to make bread for yourself. You are to eat it during the 390 days you lie on your side.
En Français :
Prends du blé, de l'orge, des fèves, des lentilles, du millet et de l'épeautre; mets-les dans un récipient; tu t'en feras du pain. Pendant ces jours où tu seras couché sur le côté: 390, tu en mangeras.

Merci Jésus !