jeudi 16 août 2007

Transports

Alain et moi venons de passer quelques jours assez éprouvant.

Nous sommes partis de Washington pour aller à Charlottesville. Nous avons pris le Greyhound. Pour ce faire, nous sommes allés à la station Greyhound (c'est logique). La station de métro la plus proche est la gare de trains, mais il faut marcher 10 minutes pour rejoindre la gare routière. Comme nous avions les sacs, nous avons décidé de prendre un taxi qui nous a coûté les yeux de la tête pour faire même pas 1km... pour ensuite nous rendre compte que le bus, après avoir quitté la station Greyhound, s'arrêtait à la gare de trains.

Tous ces transports mettent bien du temps... Nous sommes partis du B&B à 8h20, nous sommes arrivés à 9h à la gare routière (il faut arriver 1h avant pour retirer les billets) le bus est parti à 10h, et le trajet vers Charlottesville dure 3h10. Enfin, normalement, il dure 3h10, mais comme chacun sait, les choses se passent rarement comme sur les prospectus. Déjà, on a mis super longtemps pour sortir de Washington (1h), manquant au passage d'écraser un piéton, et récoltant quelques gestes pour le moins agressifs de certains automobilistes énervés par la conduite "sportive" de notre chauffeur.

Après avoir quitté Fredericksburg, petit bled pourri desservi seulement par Greyhound (les pauvres) le chauffeur s'est arrêté sur le côté de la route et a dit "We have a problem..." ah, le voyage avait trop bien commencé, ça ne pouvait pas continuer bien longtemps. Le problème, c'était qu'il ignorait complètement comment aller à la prochaine station sur la liste. Les passagers ont étés mis à contributions, les mieux infiltrés dans le milieu du transport ont joué du téléphone portable, et même de l'ordinateur portable, pour sortir le chauffeur (et ses 55 passagers) de ce mauvais pas. Pour finir, c'est donc un passager qui a guidé le chauffeur vers Charlottesville, sans passer par la gare fantôme dont il ignorait la localisation, et qui s'est avérée par la suite être tout simplement la gare de trains de Charlottesville, à 5 minutes à pieds de la gare routière. Nous sommes donc arrivés à bon port avec 1h30 de retard, c'est-à-dire à 2h40, à Charlottesville.

Charlottesville, petite bourgade de Virginie de 40 000 habitants, dont la plupart sont affiliés d'une manière ou d'une autre au plus gros employeur de la région, UVA : "University of Virginia", qui se trouve être également ma destination. Le retard du bus avait écourté légèrement mon après-midi de travail, mais heureusement on a le droit de prendre des photos numériques des documents, ce qui m'a permis de gagner beaucoup de temps. Et je n'en avait pas beaucoup, du temps, car nous devions repartir le lendemain.

Nous avons été accueillis par un couchsurfer très sympa, Ross, aspirant photographe, et son co-locataire, qui travaille dans un magasin de vélos. Bref, pleins de sujets de conversation, dommage que le voyage ait été aussi fatiguant...

Le lendemain, je suis retournée finir mon boulot le matin, et ensuite, nous avions un billet pour Baltimore, en passant par Washington. Beauté du voyage : le tronçon Washigton-Baltimore était en train, mais le trajet Charlottesville-Washington était en bus, avec 1h30 d'attente entre le bus et le train. La ponctualité légendaire des Greyhound allait-elle nous permettre d'être à l'heure pour prendre notre train ? Le suspense commença dès 4h15, heure supposée de l'arrivée du bus en gare de Charlottesville. Pas de bus. Il est arrivé avec 20 min de retard, mais en double. Deux bus sont arrivés, et pendant 10 minutes, les passagers des deux bus ont effectué des changements dont nous ignorions la signification, pendant qu'on comptait les minutes. On nous fait rentrer, le chauffeur compte et recompte les passagers, puis demande deux volontaires à destination de Washington pour changer de bus, met encore 15 min pour trouver les bagages des deux volontaires...

Nous avions presque fait une croix sur notre train, surtout quand nous avons vu que notre conducteur prenait des petites routes (la campagne adoucit les moeurs).

C'est fastidieux à lire, toutes ces histoires de bus ? ça l'était encore plus à vivre, car sachez que je vous épargne les détails.

J'abrège le suspens : le conducteur a appuyé sur le champignon (Chauffeur !!! si t'es champion !!!), et nous sommes arrivés juste à l'heure pour notre train, à la minute près. Nous sommes arrivés à Baltimore frigorifiés car la clim était à fond dans le train.

Nous avons appris une grande leçon ce jour-là : Les Etats-Unis s'apparentent par certains aspects à un pays sous-développé, notamment en ce qui concerne les transports. Vraiment. Auparavant, le mot "Greyhound" m'évoquait le voyage, l'aventure, Jack Kerouack, la découverte des grands espaces ; maintenant cela m'évoque les longues heures d'attente à regarder les jeunes du coin jouer au flipper "Tales of the Crypt", et à feuilleter, dans l'air sur-climatisé d'une gare paumée, le journal local rempli de pubs pour les restos du coin où nous n'irons pas puisque nous sommes sur le départ.

La prochaine fois que je vois un TGV, je l'embrasse.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Cet engagement est noté: pour notre prochaine réunion, que dirais-tu de la Gare Montparnasse?

PS J'ai rien compris à tes explications sur Atom. Tu m'expliqueras de vive voix à la gare Montparnasse, juste avant ou après tes effusions avec le TGV

Cécile C. a dit…

Ah la gare Montparnasse et ses Paris-Bordeaux !! La gare du nord et ses Thalys ! j'en reve !