Ce qui m'amène à un sujet brûlant aux États-Unis : la santé. C'était brûlant surtout en juillet, avec la sortie du film de Michael Moore "Sicko" sur le système de santé américain, qui a déclenché une ribambelle de commentaires, talk shows (Larry King) et articles sur l'état de santé du système de santé.
D'après ce que j'ai compris, les américains souscrivent individuellement à des polices d'assurances. Souvent, c'est leur patron qui souscrivent pour eux ou qui propose une super couverture avec le job pour inciter les cadres dynamiques à rejoindre leurs équipes. Ceux qui n'ont pas de revenus n'ont donc pas de couverture. Ceux qui ont un, ou deux boulots pourris n'ont pas de couverture non plus. Quand on voit le prix des consultations pour un médecin généraliste ou un dentiste, on comprend que l'assurance proposée avec le boulot soit un argument de poids. Si vous avez la chance de travailler chez Google en Californie (au Googleplex), alors sur le lieux de travail vous aurez non seulement une laverie, un coiffeur, un fleuriste, un magasin de disques, mais aussi un généraliste et un dentiste gratos.
Quand les cadres des entreprises privées d'assurances de santé sont interrogés sur la possibilité de faire une couverture universelle pour tous, comme dans le système Français où "tout est gratuit" [sic], ils ont coutume de répondre qu'il serait néfaste de vouloir trouver une solution "taille unique" ("a one-size-fits-all solution") et que par conséquent ils ne veulent pas entendre parler d'une couverture universelle [sick].
Bref, mieux vaut connaître quelques bases d'automédication, sinon c'est un peu ruineux d'avoir un rhume. D'où l'intérêt d'avoir des très grandes pharmacies qui ressemblent à un supermarché : si je suis malade, je vais à la pharmacie, je demande éventuellement conseil au pharmacien, et j'achète un médicament "over the counter" (OTC), c'est-à-dire sans ordonnance.
Un aspect assez choquant est l'absence quasi-totale de messages préventifs. Ainsi, on peut voir deux panneaux publicitaires côte à côte dans la gare de Haverford :

Celui de gauche : "Emergency: take the stairs", un message contre le diabète. A droite : une publicité pour les glaces "Blendini". Contradiction ? Pas du tout. Le message du panneau de gauche n'est pas "arrêtez de manger du sucre et prenez les escaliers pour faire un peu de sport" mais "on organise un évènement où plein de gens vont se dévouer pour monter des marches afin de récolter de l'argent pour combattre le diabète". Nuance...
Bon sang, mais c'est bien sûr... pour régler le problème du diabète, il faut donner de l'argent !
En marchant dans les villes américaines, on est supris de l'état de santé des gens. Beaucoup de personnes obèses, bien sûr, ce qui constitue le problème le plus évident. Mais on voit aussi des gens avec des béquilles, sans dents, en fauteuil.
Ceci dit, il faut se méfier de ce genre d'impression. Ainsi, il est vrai que j'ai vu beaucoup plus de personnes en fauteuil qu'à Paris, mais il faut dire que les villes sont en général beaucoup mieux équipées pour qu'ils puissent se déplacer et vivre de manière confortable - à Paris les personnes en fauteuil sont plutôt confinées chez elles. Bus, métros, restaurants... une grande partie de l'espace public est accessible aux "PMR" (personnes à mobilité réduite), ce qui est loin d'être le cas en France. La palme revient à Washington, avec son métro hyper clean, ses vastes musées, et ses trottoirs déserts - tout accessible. Comme dit le Routard, "prenons-en de la graine !"
Une des satisfactions du voyage, pour moi, fut que nous n'avons pas eu besoin de faire appel aux services de professionnels de la santé. Outre ma méfiance naturelle (n'oubliez pas que Fitz-James O'Brien est mort d'une blessure mal soignée !), j'ai entendu assez d'histoires affreuses sur ce qui peut se passer dans les hôpitaux américains à cause des dysfonctionnements du système pour ne pas avoir envie d'y faire un tour. Si vous ne me croyez pas, lisez cet article du New Yorker, par exemple.
Ah que je suis heureuse de vivre dans un pays où tous les soins sont
1 commentaire:
Toutes mes excuses aux autres lecteurs de ce blog. Ceci est un message perso pour Cécile. Mon e-mail sur ton adresse hotmail a été "rejected for policy reasons on this gateway". Je t'y disais que j'étais aussi disponible pour la réunion proposée par Nathalie. A toi l'initiative, dès que tu seras recalée horaire.
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