Donc aux dernières nouvelles, nous étions à Charleston. Au passage, une image d'une maison typique de Charleston (photo), et il faut avouer que la ville est assez chouette architecturalement parlant. Et il faisait chaud, très chaud.Notre dernier jour là-bas, nous avons décidé d'aller visiter l'aquarium histoire d'être au frais pendant quelques heures. Bien entendu, comme partout, la clim est absolument à fond, c'est vraiment ridicule. Quand il fait 40°C dehors, que l'on transpire comme un boeuf, il faut être de constitution solide pour ne pas attraper la mort au moment où on rentre dans n'importe quelle boutique ou lieu publique, qu'il fait 17°C et que nos fringues sont trempées de sueur. Où alors il faut être américain, Avoir une grosse bagnole avec la clim, et n'avoir de contact avec l'air extérieur que entre la maison et la voiture et entre la voiture et le lieu de destination. Aimer les sensations "fortes": l'air trop froid (violemment souflé dans la figure si possible), l'eau trop froide remplie de glaçons (donc à boire avec une paille, forcément), la nourriture trop salée ou trop sucrée, en trop grande quantité, bref tout à l'excès. Ras le bol.
Quel meilleur moment pour parler d'écologie ?
Quand nous sommes allés à l'aquarium, nous avons entendu un discours écologiste ad nauseam : les sacs plastics, c'est pas bien, ça tue les tortues; si vous voulez manger des fruits de mer, choisissez un restaurant qui soutien la pêche "durable", etc... On est même allés voir un film dans le cinéma "IMAX" (qu'est-ce qu'on ferait pas pour un peu d'air frais) nommé "Hurricane in the Bayou", qui parlait des causes écologiques du tragique ouragan Katrina qui dévasta une partie de la Louisiane en 2005. Causes écologiques : digues et canaux construits par l'homme, qui ont eu pour effet de faire entrer de l'eau de mer et donc de saliniser les marais, empêchant ainsi la croissance de certains végétaux, et qui ont freiné les crues annuelles qui déposaient du limon, essentiel au maintien de ces marais. Ces marais servent de "ralentisseurs" aux ouragans, qui prennent de la force en passant sur la mer, mais en perdent en passant sur la terre. D'année en année, les marais disparaissent, laissant ainsi une autoroute pour les ouragans. Le film était bien entendu dégoulinant de bons sentiments, de gens qui pleurent, et qui retrouvent leur famille, mais tout se termine par un repas cajun autour du feu en jouant du jazz.
Bien entendu, pas un mot sur des thèses (bien trop fumeuses) parlant de réchauffement climatique causé par l'activité humaine, ne serait-ce que pour dire que ces thèses existent. La solution est toute trouvée : donner de l'argent à tel ou tel oeuvre pour replanter des arbres dans le bayou et faire des digues plus résistantes. Ouf, on est sauvés !
Société kleenex
Pendant ce temps le gâchis énergétique de ce côté-ci de l'Atlantique est faramineux. Outre la climatisation des maisons et des voitures (imaginez des millions de gros frigos mal isolés !), l'ère du jetable a atteint des sommets ici. Vraiment. Avant de venir ici, je pensais qu'en France on était dans l'ère du jetable, en fait je n'avais encore rien vu. Par exemple, la première fois que je suis rentrée dans un Starbucks, à Boston, j'étais étonnée par l'ampleur de tout de qui était jetable : gros verres en plastique épais avec gros couvercle, paille, bien sûr, touillettes, si vous prenez plusieurs boissons on vous donne une sorte de boîte à oeufs, mais plus grand pour pouvoir caler vos gobelets en plastique dedans, couvercle en plastique systématique sur tous les gobelets... tout ça jetable.
Et pourtant, Starbucks a plutôt une image "écolo" et sur les serviettes en papier, on peut lire quelque chose du genre "Think about our environment. Take only what you use. Recycled paper." afin d'inciter les gens à ne pas prendre 10 serviettes s'ils n'en ont besoin que d'une. Il faut dire que dans la plupart des autres endroits, comme j'ai pu le constater par la suite, on vous met 15 serviettes dans le sac plastique sans vous demander votre avis. Dans les supermarchés, les sacs plastiques sont systématiquement doublés pour ne pas qu'ils craquent ! (il faut qu'on m'explique quel est l'ingénieur stupide qui conçoit des sacs plastiques trop grands ou pas assez solides...).
Dans notre trajet de train qui a duré plus de 14h, Alain et moi avons pris un thé, un pepsi et 2 muffins. Voilà la quantité de déchets que ce simple goûté produit :

Le carton, c'est un "plateau" jetable, avec des petites anses pour tenir les gobelets. La tasse de thé (gauche) est recouverte d'un éternel couvercle - afin de garder bien chaud l'eau déjà trop chaude - avec une petite ouverture pour boire, un peu comme les verres pour bébé. La boîte de Pepsi est accompagné de son verre et de sa paille (indispensable pour boire son pepsi avec des glaçons), les muffins étaient sur-emballés (plastiques à l'arrière) et on nous a donné bien trop de serviettes. Quel est le coût écologique de tout ça ?
Transports
Au niveau des transports, Alain et mois sommes tributaires des transports en commun, donc nous sommes en très bonne position pour évaluer leur qualité. Boston, New York et Washington ont des transports de très bonne qualité. Charleston, c'est une autre histoire ! A l'office du tourisme de Charleston, j'ai demandé s'il y avait des bus, on m'a répondu "Oui, mais si j'étais vous je ne m'y fierais pas." Sur ce, on m'a conseillé de prendre plutôt les "pedicabs", sortes de vélo-taxis très présents également à New York. Nous n'avons pas encore essayé. En revanche, mieux que le pedicab, mieux que le bus qui ne passe jamais, nous nous sommes déplacés à
Charleston en vélo - Charleston est une ville assez petite, et, alors que la marche est très désagréable par cette température, le vélo procure une petite brise qui manque quand on ne bouge pas. Le b&b où on était prêtait des vélos (voir le mien sur la photo). C'était un peu dur de s'y habituer car il n'y avait qu'une vitesse et qu'on freine... en pédalant à l'envers. Personnellement, je trouve ça très désagréable, car il faut prendre l'habitude de prendre, au moment où on freine, la position dans laquelle on veut que les pédales soient pour redémarrer. Enfin, c'était très bien pour se balader à Charleston !La circulation en ville est assez agréable et les conducteurs, dans leur grande majorité, sont très courtois.
A Washington, on peut prendre son vélo dans le métro (hors heures de pointes) et il y a des broches à l'avant de tous les bus pour l'y accrocher. Mais j'ai vu assez peu de cyclistes à Washington !
Pour quitter Charleston, nous avons renoncé aux 10h de trains pour rejoindre Washington, nous avons estimé que cela était un peu trop fatiguant donc nous avons... pris l'avion. Oui, je sais , hérésie des hérésies écologiques... Mais voilà, avant de venir ici, je pensais que je menais une vie écologiquement incorrecte et qu'il fallait que je fasse des efforts quotidiennement, maintenant que j'ai vu comment vivent les Américains, je pense à mon empreinte écologique à Paris comme était à peu près équivalente à celle de Laura Ingalls. Donc j'ai meilleure conscience. Donc je prends l'avion, et c'est très mal. C'est la spirale infernale.
Notons au passage que les services de sécurité de l'aéroport nous ont contrôlés au peigne fin, fouillant les valises et les chaussures, nous délestant de nos bouteilles d'eau, mais nous ont quand même laissé emmener en cabine :
- des allumettes
- un briquet
- un grand parapluie d'1m10.
Gageons que les prochains terroristes utiliseront la bonne vieille méthode du parapluie blugare...
2 commentaires:
La prochaine fois que tu iras aux states, je te préterai mon vélo quelques jours avant: tu pourras ainsi t'entraîner au freinage par rétropédalage, bien plus naturel et efficace que ces stupides poignées fixées au guidon!
J'ai effectivement besoin d'un peu d'entrainement... L'avantage, c'est que les mains sont libres, ce qui est utile en ville pour indiquer un changement de direction, par exemple.
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