
C'est la salle de lecture de la Morgan Library (voir aussi la page Wikipedia Français et en Anglais), une bibliothèque privée très bien fournie, et également musée qui expose les objets de la collection de John Pierpont Morgan, le collectionneur à l'origine de cet établissement.
J'y allais pour consulter deux lettres écrites par Fitz-James O'Brien, mais pour y entrer, ça n'est pas aussi simple qu'à New York Public Library ! Il faut d'abord demander un rendez-vous par mail, en joignant une lettre de recommandation ainsi qu'une lettre expliquant vos recherches, avec si possible la liste de documents à consulter. Le délai pour avoir un rendez-vous est d'environ 2 à 3 semaines.
Au jour et à l'heure dits, vous vous pointez par l'entrée spécial pour les lecteurs et le personnel, entrée plutôt discrète et humble, située au coin de l'entrée principale du musée, fraîchement refaite par Renzo Piano. Interphone. Vous déclinez vos nom et qualité, on vous laisse rentrer. Il y a ensuite un concierge, à qui vous répétez votre nom. Il vous a sur une liste, donc il vous donne un badge et vous fait signer un registre avec votre heure d'entrée. Une autre personne en uniforme vous demande de le suivre et vous emmène dans un ascenseur transparent (merci Renzo !!) situé dans le hall d'entrée. Dans l'ascenseur, il utilise une clef pour pouvoir accéder au 3ème niveau, mais sort de l'ascenseur illico avant que les portes se referment. Vous êtes tout seul dans un ascenseur transparent.
Une fois arrivé au 3ème niveau, on vous fait remplir la dernière formalité, la fiche d'inscription, et on vous demande, bien sûr, une pièce d'identité. Vous vous débarrassez de toutes les affaires qui ne sont pas essentielles à votre recherche, bref vous ne gardez que votre ordinateur portable, tout le reste vous le mettez dans un des casiers mis à la disposition des lecteurs. Enfin, dernière étape avant de rentrer dans la salle de lecture, il faut vous laver les mains dans le lavabo situé juste à l'entrée. Eh oui ! Quand on manipule des manuscrits, il faut avoir les mains propres !
Vous entrez enfin, toutes les procédures on duré en tout et pour tout 10 minutes. Vous calculez déjà qu'il va falloir encore 20 minutes pour commander les documents, le temps qu'ils arrivent... Mais vous vous trompez ! on n'est pas à la BnF ici, on a tout préparé pour vous, et les documents que vous voulez consulter vous attendent au frais sur le bureau du bibliothécaire. Comme on préfère éviter trop de manipulations des documents, c'est le personnel qui vous apporte les documents à votre table et viennent les rechercher quand vous n'en avez plus besoin. C'est pas beau, ça ?
On peut trouver ces précautions un peu extrêmes pour deux lettres d'un auteur obscur. Mais il ne faut pas oublier que la Morgan Library abrite aussi une Bible Gutemberg (env. 1455) ainsi que de nombreux manuscrits médiévaux, des manuscrits de Mozart, des fusains de Rubens, des manuscrits de Thoreau, ou encore des sceaux cylindriques néo-babyloniens (1000-539 avant J.-C.) et bien d'autres objets précieux.
J'ai pu ensuite, avec mon badge, visiter rapidement les quelques salles du musée. J'étais très impressionnée par la salle de la bibliothèque de Mr. Morgan himself, en rentrant on ne peut s'empêcher de pousser un grand Wouaou ! (si vous voulez la voir il faut aller sur cette page, puis cliquer sur la flèche de la pièce qui est tout en haut. C'est la bibliothèque !)
Mais il fallait que je me dépèche, car j'avais encore beaucoup de pain sur la planche a la bibliothèque publique de New York. En ce moment, je travaille dans la salle des microformes, et j'épluche les journaux New Yorkais des années 1850-1860, qui ont souvent la particularité d'avoir changé de nom en cours de route, ce qui pimente délicieusement ma tâche.

Dans la salle des microformes, il y a des grands tiroirs avec les bobines des principaux journaux depuis 1830. Pour les plus anciens ou les moins répandus, il faut les commander. Quand vous avez votre bobine, vous allez sur un projecteur (j'ai repéré ceux qui marchent le mieux) et vous mettez la bobine dedans comme vous pouvez. Si vous voulez faire des copies, on vous assigne un prejecteur-photocopieur.
La difficulté à utiliser ces machines n'a d'égale que la désinvolture du personnel quand vous leur demandez de vous expliquer. Derrière le comptoir, une demie-douzaine jeunes filles d'une vingtaine d'années qui gloussent en regardant leurs copines quand vous leur demandez comment mettre la bobine dans le copieur. Une, la plus âgée, fait l'effort de se déplacer et de vous expliquer, en vous faisant comprendre, dans un Anglais excessivement rapide, que c'est extrêmement simple : qu'il faut tirer le support vers vous, mettre la bobine sur le support (dans l'autre sens que sur les projecteurs, mais ça elle ne vous le dit pas), faire passer le film sous le rouleau, puis sous la plaque en verre, puis sous l'autre rouleau, puis l'insérer dans l'encoche de l'autre bobine, soit à la main, soit en appuyant sur le petit bouton bleu caché derrière en espérant que la deuxième bobine entraîne le film, et recommencer si ça ne marche pas. Un jeu d'enfant.
On peut ainsi faire des copies avec la carte de photocopies qui peut aussi vous servir pour les machines "traditionnelles". C'est 0,20$ la page.
Vu le prix + la facilité d'utilisation, j'ai opté pour d'autres moyens : je photographie ! Certaines bibliothèque interdisent la photographie (Harvard, Collection Berg de la NYPL, Morgan...) d'autres l'encouragent (Boston Public Library, departement des manuscrits de la bibliothèque du congrès). Je n'ai pas réussi à savoir quelle était la politique pour NYPL, j'ai décidé de profiter de la nonchalance du personnel et photographier tout ce dont j'avais besoin.

Comme vous pouvez le voir, le resultat est assez lisible - en tous cas aussi lisible que sur le projecteur, c'est parfois très difficile à déchiffrer !
Toute cette semaine j'ai travaillé à la bibliothèque, laissant Alain errer seul dans New York comme une âme en peine !
1 commentaire:
Ah non, pas en peine, j'étais bien peinard :)
Enregistrer un commentaire