mardi 3 juillet 2007

L'auberge de jeunesse

Je n'ai pas trouvé d'hôte CouchSurfeur à Washington, alors j'ai pris un lit dans une auberge de jeunesse. Car comme tout le monde le sait, on ne prend pas une CHAMBRE dans un auberge de jeunesse, mais un LIT, car on dort dans des dortoirs, où le nombre de lits est inversement proportionnel au prix. C'est une auberge "Hostelling International", empreint d'un idéal Baden-Powellien où les voyages forment une jeunesse qui n'existent que dans le Club des Cinq.

Le dortoir

Je suis dans un dortoir de 12 lits (hyper pas cher...) mais de toutes manières jusqu'ici le dortoir n'était pas complet, on est donc 5 ou 6 dans la chambre en réalité. Bien entendu je suis sur le lit du haut. Car bien entendu, ce sont des lits superposés.

La caractéristique principale du dortoir est qu'il sent les pieds. On imagine facilement les hordes de touristes qui ont marché toute la journée entre le "Lincoln memorial", le "Vetran memorial" et le Capitole s'engouffrer dans l'auberge de jeunesse le soir venu et, comme un seul homme, libérer leurs pieds meurtris de leurs chaussures, et voilà, abracadabra, presque tout notre étage sent les pieds.

On a un casier dans le dortoir, donc on peut y ranger nos affaires et fermer le casier avec un cadenas, ce que je fais. Pour enfermer mes chaussures.

Les compagnes de nuitées

Je n'ai pas vraiment discuté avec les autres filles du dortoir. A vrai dire, je n'y suis pas souvent : hier matin et ce matin, je suis partie tôt pour la bibliothèque, et dimanche soir et hier soir j'étais invitée à diner chez une CouchSurfeuse du coin, donc je suis rentrée et je me suis couchée directement.

Mais il y a quand même deux filles du dortoir que j'ai remarquées : celles qui sont sur les lits superposés en face du mien. Elles voyagent toutes les deux ensemble, elle ne disent jamais rien, et elles font toujours la gueule. A vrai dire, elle me font peur. La première fois que j'ai vu l'une d'elle (lit n° 8, celui du haut), c'était dimanche soir et je venais de rentrer. J'entre dans la chambre et j'allume la lumière, normal, et puis tout à coup je me rends compte que quelqu'un dort déjà : elle. Elle me lance un vague coup d'oeil genre "je suis trop naze pour te fusiller du regard mais le coeur y est". Enfin je suis peut-être parano.

Hier matin, je me réveille tranquillement, je ne sais pas quel heure il est, et qu'elle est la première image que j'ai en ouvrant les yeux ? Entre les deux montants en bois de mon lit, les deux filles en question, sur le lit d'en bas (n°7), assises, les yeux dans le vide, en train d'écouter de la musique sur un walkman, chacune avec un écouteur. Je regarde l'heure : il est 6h45. Flippant, je vous promets.

Ce matin, je vais me doucher, et elles sont dans la salle de bains. Pour la première fois je les entends parler et elles sont... françaises. Ce soir, je les ai vues dans la cuisine et elles m'ont même sourit. Elles doivent progressivement récupérer de leur décalage horaire. Mais j'arrête les médisances, car elles sont juste en face de moi, dans la salle commune de l'auberge.

La salle commune

La salle commune de l'auberge c'est, dans l'idéal, le carrefour de toutes les cultures, l'endroit où on pourrait découvrir les traditions et coutumes du monde entier en partageant un repas, un thé ou un café. En réalité, c'est là que chacun peut manger avec ses potes après une journée entière à avoir baragouiné en anglais pour trouver son chemin. C'est aussi là que chacun peut manger SEUL quand il voyage seul, et c'est là que chacun passe ses soirées accroché à son ordinateur portable pour se connecter aux siens (moi par exemple. Là tout de suite maintenant, je ne suis pas très dispo pour l'ouverture culturelle.)

L'ascenceur

La salle commune est au 2ème étage. Ma chambre est au 6ème étage. L'accueil est au 1er étage. Ceux qui croient qu'il faut monter un étage pour aller à l'accueil quand on arrive de la rue se trompent, car on est aux Etats-Unis ici, et tout est fait aux Etats-Unis pour déstabiliser les européens (par exemple les poids et mesures). Ici, donc, tous les trottoirs sont au 1er étage. Le plancher des vaches, c'est le 1er étage. C'est le système américain, qui a cours partout ici, sauf dans le "Jefferson Building" de la Bibliothèque du Congrès qui, pour une raison que j'ignore, utilise le système européen avec un vrai "rez-de-chaussée". L'ascenseur y est d'ailleurs magnifique.

Bref, pour gérer tous ces étages, maintenant, en général je ne m'embête plus, je prends l'ascenseur, y'a plus qu'à appuyer sur le bouton. A l'auberge de jeunesse, l'ascenseur est... capricieux. Quand on est au 6ème et qu'on veut descendre, il met vraiment longtemps à arriver. Par exemple hier matin, quand je suis allée à la salle de bains pour me doucher, il y avait une jeune fille qui attendait l'ascenseur. Elle y était toujours quand je suis sortie. Du coup, j'essaye plutôt d'emprunter les escaliers quand je suis à l'auberge, mais ce soir, harassée par une journée de boulot, avec mon sac à main, mon PC portable, après avoir pas mal marché, j'ai appelé l'ascenseur pour monter dans ma chambre. J'appuie sur la flèche du haut, pour monter, j'attends un peu, mais je n'entends pas le mécanisme se déclencher. Je rappuie, toujours rien. J'essaye d'appuyer sur la flèche du bas, et là les portes s'ouvrent immédiatement ! J'entre dans l'ascenseur, j'appuie sur le bouton "6", les portes se referment, et rien ne se passe. Après plusieurs tentatives, je vais voir à l'accueil, et le type me dit "en fait les portes ne se ferme pas bien. Poussez un peu la porte pour la fermer complètement et ça marchera !!"

hummmm... J'ai pris l'escalier.

7 commentaires:

lahire a dit…

;-)

tumediras a dit…

Hihihi! Je vois qu'on a des 'tits problèmes d'adaptation...
Moi, quoique bonne Française de souche, j'ai toujours trouvé bizarre que le premier étage soit au 2e, (mais attention, qu'on me confonde pas avec les Ricains, mon admiration pour ce pays étant extrêmement limitée!), que le sud soit en bas sur les cartes de géographie - c'est absolument abhérant cette façon de voir la réalité!!!- évidemment que le sud est en haut en réalité!!!
Par contre, les Lusophones m'ont toujours beaucoup irrité avec leur dimanche premier jour de la semaine et leur façon de numéroter les jours suivants: ça m'oblige à compter à chaque fois. A-t-on jamais vu ça? Le dimanche est forcément le dernier jour de la semaine puisque que c'est le jour du repos. On se repose seulement quand on a bien bossé (t'as qu'à demander à notre cher Président de la République actuel!).Non mais!

Cécile C. a dit…

Pour le dimanche, je crois que chez les anglophones, le dimanche est aussi le 1er jour de la semaine. Mais ca s'explique : Le jour de repos, celui instauré par Dieu qui s'est reposé après avoir créé le monde (il devait être super fatigué), en fait c'est le samedi des juifs, dernier jour de la semaine. Seulement Jésus, il est ressuscité le lendemain. Donc en fait, les chrétiens COMMENCENT la semaine en se reposant, ça c'est un esprit que j'aime.

tumediras a dit…

Tiens, j'avais pas pensé à ça. Alors Dieu a commencé à bosser pour sa création du monde un dimanche! Sauf qu'il savait pas que c'était dimanche puisque rien n'était encore créé, et à plus forte raison nommé..
A part ça, il devait pas être si fatigué que ça puisque c'est Dieu!!! Pas plus dur pour lui si ça se trouve que de tenir un blog...

lahire a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
lahire a dit…

Bosser 7 jours et être fatigué, pfff, c'est pas un Jedi Dieu :)

Cécile C. a dit…

Alain, tu peux peut-être lui donner quelques tuyaux pour gérer la fatigue :)